EPHEMERIDE

Qu'est-ce donc, qu'avez-vous?

Francis Huster dans la langue de Molièrewww.annycejourdhui.frrencontre Francis Huster dans tous ses états!

Entretien avec Francis Huster à propos du Misanthrope de Molière. Dans cette pièce, l'auteur nous encourage-t-il à être un Alceste lucide, ou un Philinte chantre de l’hypocrisie ? Comment rire d'une conciliation impossible, voire tragique, entre les deux personnages ? 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-chemins-de-la-philosophie-du-mercredi-09-mars-2022

Dictionnaire amoureux de MolièreFrancis Huster au Festival d'Anjou, 2014

&

 

 


Molière | Château de Versailles

Le Misanthrope

ACTE 1 SCENE 1

PHILINTE, ALCESTE.

PHILINTE

Qu’est-ce donc ? Qu’avez-vous ?

ALCESTE

Laissez-moi, je vous prie.

PHILINTE

Mais, encor, dites-moi, quelle bizarrerie...

ALCESTE

Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher.

PHILINTE

Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher.

ALCESTE

Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.

PHILINTE

Dans vos brusques chagrins, je ne puis vous comprendre ; 
Et quoique amis, enfin, je suis tous des premiers...

ALCESTE

Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers. 
J’ai fait jusques ici, profession de l’être ; 
Mais après ce qu’en vous, je viens de voir paraître, 
Je vous déclare net, que je ne le suis plus, 
Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.

PHILINTE

Je suis, donc, bien coupable, Alceste, à votre compte ?

ALCESTE

Allez, vous devriez mourir de pure honte, 
Une telle action ne saurait s’excuser, 
Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser. 
Je vous vois accabler un homme de caresses, 
Et témoigner, pour lui, les dernières tendresses ; 
De protestations, d’offres, et de serments, 
Vous chargez la fureur de vos embrassements : 
Et quand je vous demande après, quel est cet homme, 
À peine pouvez-vous dire comme il se nomme, 
Votre chaleur, pour lui, tombe en vous séparant, 
Et vous me le traitez, à moi, d’indifférent. 
Morbleu, c’est une chose indigne, lâche, infâme, 
De s’abaisser ainsi, jusqu’à trahir son âme : 
Et si, par un malheur, j’en avais fait autant, 
Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant.

PHILINTE

Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable ; 
Et je vous supplierai d’avoir pour agréable, 
Que je me fasse un peu, grâce sur votre arrêt, 
Et ne me pende pas, pour cela, s’il vous plaît.

ALCESTE 
Que la plaisanterie est de mauvaise grâce !

PHILINTE 
Mais, sérieusement, que voulez-vous qu’on fasse ?

ALCESTE

Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur, 
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

(...)

 

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Commentaires

06.04 | 08:20

Emerger de notre vivier , aprés y avoir puiser toutes les émotions .
Ecrire , crypter ce vécu , cette traversée .....

...
10.10 | 13:28

Aimer ne se négocie pas - oh que non. L'amitié non plus. Amour Amitié ces deux piliers de la vie - Merci Annie de si bellement nous le rappeler.

...
25.01 | 07:56

MAGISTRAL, DEVOS

...
06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

...
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