Cartes postales postées

CARTE POSTALE EN HIVER

Cher(e)ami(e),

 

 Pour réchauffer son âme, il  faut parfois, faire vivre l’été en plein coeur de l’hiver.

Or, je ne sais ce qui me prend, en ce mois de Janvier, de penser FLEUR plutôt que NEIGE. 

En ouvrant quelques placards oubliés dans la maison de mon enfance, j’ai découvert aux alentours de Noël, des planches de croquis et d’études de fleurs, de fruits et de légumes qui m’ont incitée à aller faire mon marché poétique et artistique de- ci, de- là.

J’ai donc mis mon appareil photo en bandoulière et je suis allée visiter le nouveau jardin du musée Delacroix dans le sixième arrondissement de Paris. 

Le soleil et les fleurs sont à l’intérieur !

L’exposition s’intitule «DES FLEURS EN HIVER»: comment mieux dire? C’est aussi paradoxal que «Neige en été», et aussi charmant qu’un prénom japonais, pourtant ce ne sont pas d’élégants ikebanas qui sont là,  mais des faisceaux de couleurs, des coulées de fleurs sur des consoles, des vermillons en tulipes, des coquelicots en feu, des dahlias joyeux, de fières marguerites sauvages, des bleuets comme on n’en voit plus et des roses blanches, si blanches...

Vous entrez dans la maison du peintre, comme s’il vous attendait, comme s’il avait fait pour vous ces bouquets généreux. 

Il y a des aquarelles, des pastels , des huiles et fuse la couleur!

Peut-être y-a-t-il quelque chose d’un peu démodé ou d’un peu désuet sur ce marché, mais rien de fané ni de flétri. Ces fleurs ont la vigueur des tigres du peintre, et leur robe. La pâte de l’artiste n’est pas mièvre, si vous dites cela, ses fleurs sortent leurs griffes. 

Doux pourtant les pétales, tout doux.

Je caresse des yeux «un parterre d’hortensias, agapanthes et anémones sur trait de graphite» qui rampe ébouriffé, nonchalant, et j’admire des études de marronniers, de tournesols et de chardons qui me les font désirer comme des promesses. Quatre études de branches de lys embaument à côté d’iris décoiffés et pensants; timide, une branche de fuchsias s’épanche.

Je me penche alors sur le journal du peintre et je lis:

«Je réfléchissais sur les luisants jaunes de Rubens ce matin dans mon lit qui a des rideaux blancs.Le papier de la pièce est d’un vert chou tendre. la transparence donnait un ton vert aux parties sombres plus près du mur;les reflets,c’est à dire les plis saillants, étaient roses...»

De la couleur donc avant toute chose dans la pensée de Delacroix quand Verlaine, veut la nuance encor’ ...

Mais l’un est poète et l’autre peintre qui écrit ailleurs dans son journal, en plein coeur de l’hiver, le 16 décembre 1843: 

«Le poète se sauve par la succession des images, le peintre par la simultanéité.»

Et vous, ami(e),comment vous sauvez-vous?

Moi, je vous le dis, ce marché m’a comblée!

Au coeur de Janvier, recevez une bien chaude pensée,

Anny C.

 

 

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CATHY PERRONNET | Réponse 13.03.2013 18.27

Nous sommes en mars mais le temps est aussi froid qu'en janvier et tes brassées de couleurs ont atteint leur but: l'ambiance est réchauffée!

Rose-Marie | Réponse 11.02.2013 08.50

Lundi 28 janvier nous étions à Paris - Grâce à toi nous nous sommes réchauffés le coeur et l'esprit dans de merveilleux jardins fleuris. Merci Anny.

Anny 15.02.2013 11.18

C'est très satisfaisant pour mon esprit, en amitié
Anny

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Commentaires

02.11 | 07:51

Georges Brassens et sa poésie... pourquoi pas comme thème d’un atelier d’écriture ?...
Merci Anny pour ce texte prouvant son éternité...

...
15.10 | 08:05

Merci Marc pour cette pépite sauvée au temps.

...
14.10 | 10:21

Bonjour Any,

Une nouvelle pépite, que vous connaissez peut être - "Lettre d'une inconnue" - de Stefan Zwieg....

Bon dimanche ,

marc

...
25.09 | 17:16

Merci CHristine fidèle amie

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