EPHEMERIDE

FEU

 "Ça te touche ou ça ne te touche pas". »

 

La mort du poète Bernard Noël me renvoie au peintre Zao Wu Ki, que le poète avait célébré.

 

 


 

Forme

des formes non 
une forme générale 
mouvante sous le toucher de l' œil 
vibrante 
les encres de Zao Wou-Ki sont fondées sur 
leur propre substance et 
le vide 
pas de projet directeur pas de schéma de dessin 
rien que le désir 
ou plus exactement la pensée 
de peindre 

Bernard NOËL / Zao WOU-KI, Rencontre, L'Atelier des Brisants 2001, p17

 

 

 

 

Je vous invite à voir et écouter le lien ci-dessus:

 

C'est Chantal Thomas, écrivain, interviewée hier au soir en direct à La maison de la poésie, pour son livre: 

Quel beau titre!

Peut-être y prendrez - vous  le plaisir que j'y ai pris. Si oui, nous aurons eu un plaisir partagé.

J'ai particulièrement aimé le passage sur les chambres d'hôtel...mais il y a aussi le Japon...et son bassin d'Arcachon...

Bonne journée de soleil et de pollen à chacun(e) de vous,


Dune du Pilat sous la neige

 



"On raconte que dans la Chine ancienne, sous la dynastie des Song du Nord, un prince faisait chaque année cultiver un carré de mille pivoines dont, à l’orée de l’été, les corolles ondulaient dans la brise. Durant six jours, assis sur le sol du pavillon de bois où il avait coutume d’admirer la lune, buvant de temps à autre une tasse de thé clair, il observait celles qu’il appelait ses filles. À l’aube et au couchant, il arpentait le carré.

Au commencement du septième jour, il ordonnait le massacre.

Les serviteurs couchaient les belles assassinées, la tige brisée, la tête allongée vers l’est, jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur le champ qu’une unique fleur, les pétales offerts aux premières pluies de mousson. Alors, les cinq jours suivants, le prince demeurait là en buvant du vin sombre. Sa vie entière tenait dans ces douze révolutions de soleil ; toute l’année, il ne pensait qu’à elles ; lorsqu’elles étaient passées, il faisait vœu de mourir. Mais les heures dédiées à choisir l’élue puis à jouir de leur tête-à-tête muet contenaient tant de vies en une seule qu’il ne voyait pas de sacrifice dans les mois de deuil. 

Ce qu’il ressentait en contemplant la survivante ? Une tristesse en forme de gemme étincelante à laquelle se mêlaient des éclats d’un bonheur si pur, si intense, que son cœur défaillait."


(Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.)

https://issuu.com/actes_sud/docs/9782330139223_extrait