EPHEMERIDE

a craqué

Zoom sur un livre posthume de  JULIEN GRACQ, retrouvé en lisant,en écrivant...

« Il est impossible qu’il n’existe pas de gens qui prennent plaisir à ce qui m’en a tant donné ». J.G.

Le titre de ce livre de Julien Gracq est très attirant: NOEUDS DE VIE et son propos éveille la curiosité: 

"Ce que j’ai souhaité souvent, ce que j’aimerais peut-être encore exprimer, ce sont ce que j’appelle des nœuds de vie. Quelques fils seulement, venus de l’indéterminé et qui y retournent, mais qui pour un moment s’entrecroisent et se serrent l’un l’autre, atteignent, entre les bouts libres qui flottent de chaque côté, à une constriction décisive. Une sorte d’entrelacement intime et isolé, autour duquel flotte le sentiment de plénitude de l’être-ensemble."

"Nœuds de vie propose des parcours descriptifs de paysages, principalement français et plus spécifiquement peints sur le motif en revisitant les pays de Loire, berceau et refuge ; des réflexions de toutes sortes, d’humeur, de politique, d’Histoire ; des notules critiques concernant des écrivains sans cesse lus et relus (Rousseau, Stendhal, Proust, Valéry, une foule d’autres et d’abord des poètes) ; enfin, des aperçus souvent fulgurants sur la pratique, personnelle ou non, du métier littéraire.

Gracq parcourait les routes, de préférence secondaires, à l’allure sans hâte de sa deux chevaux, attentif au moindre accident de terrain, aux vallonnements et aux mares, à la couleur et à la texture des sols, aux infinies nuances de la végétation, sensible aux changements de lumière, aux intempéries, à tous les imprévus d’une nature qu’il avait naguère, dans sa jeunesse, quadrillée et balisée à pied et à bicyclette. Le charme de sa prose tient en partie à cette proximité du concret, du tangible, qui n’est donnée qu’aux enfants de la campagne. D’ailleurs, qu’est-ce qui n’est pas d’enfance chez Gracq, dans la faculté d’éprouver la sensation au ras de la peau, des papilles, des cinq sens ? Le miracle réside là tout entier, c’est l’avènement, dans une langue à la fois cérébrale et charnelle, de la merveille constituée par ce mixte instable et pourtant solide de perception physique du réel et de sa métamorphose en phrases claires et flexibles, toujours inattendues et vibrantes." Maurice Mourier (En attendant Nadeau)

Ainsi d’une journée de mai : « À cette saison épanouie de l’herbe haute, la puissante encolure cornue qui émerge engluée de la verdure réjouit l’œil comme un attribut naturel et achevé du gonflement immobile de la sève, autant qu’un dauphin qui jaillit de la mer en rumeur. »

 


 

« Je  ne mets guère mon espoir, comme on pouvait le faire encore au siècle dernier, à être lu en l’an 2000 ou 2010. Mais quand la terre comptera vingt milliards d’hommes et se débattra et s’enfoncera comme un homme qui s’enlise dans la seule bouillie étouffante du social, je souhaite seulement que mes livres demeurent sur quelque rayon perdu… ».

Le voici...

 




Julien Gracq Noeuds de vie3

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Commentaires

25.01 | 07:56

MAGISTRAL, DEVOS

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06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

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13.07 | 17:23

plus de cejourdhui! horreur et damnation, poussée de fièvre; je n'avais pas vu ce dernier et me consolais dans Talents et en égrenant tes délicieuses arilles

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29.01 | 10:27

pensées éphémères - non non non elles restent gravées dans les coeurs de + en + profondes avec le temps qui passe Rose-Marie

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