EPHEMERIDE

Va comme hier...

Pour la beauté de ce poème , bonjour de nouveau avec le prix Nobel de Littérature 2020,

Neige tardive,

Pendant sept ans j’ai regardé la dame
D’à côté promener son compagnon vide. Un mois de mai il tourna la tête pour voir
Une chrysalide libérer sa créature de kleenex :

Il avait oublié ce que c’était. Mais quand il faisait bon elle 
Lui faisait faire des allers et retours. Et chantait pour lui.
Il gargouillait depuis son fauteuil roulant, finalement

Il est mort l’automne dernier. Je pense que les oiseaux sont revenus
Trop tôt cette année. Les limaces
Ont été anéanties par la neige. Pourtant, quand même,

Elle n’était pas jeune elle non plus. Ça a dû lui faire mal aux jambes
De pousser son poids comme ça. Une neige tardive étreint
L’arbre des rouge-gorges. Je l’ai vue arriver. La maman dépérit sur ses œufs.

Louise Glück, Firstborn (1968), III [trad. Romain Benini]


 

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Commentaires

06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

...
13.07 | 17:23

plus de cejourdhui! horreur et damnation, poussée de fièvre; je n'avais pas vu ce dernier et me consolais dans Talents et en égrenant tes délicieuses arilles

...
29.01 | 10:27

pensées éphémères - non non non elles restent gravées dans les coeurs de + en + profondes avec le temps qui passe Rose-Marie

...
19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

...
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