EPHEMERIDE

Cochon qui s’en dédit

Via France Culture et parce que j'anime un atelier d'écriture au COCHON BLEU de LECTOURE, cette librairie aux richesses de mots et de mets...

 

"Le cochon est un symbole, mais aussi un personnage. Vers la fin du Moyen Âge, c’est lui qui a été chargé des vices jusque-là impartis au chien et qui est devenu, qu’il soit cochon, porc ou truie, le misérable porte-drapeau de la vulgarité et des vices. La littérature s’est emparée de lui dès Homère, on se rappelle que les compagnons d'Ulysse ont été transformés en pourceaux par Circé. Toujours, toujours honni, le cochon a connu son apothéose de bassesse dans « La ferme des animaux » de George Orwell, au simplisme si balourd que T.S. Eliot a refusé le livre chez Faber and Faber: il avait bien vu que les plus intelligents de la fable étaient ces cochons qui pour l’ex-trotskyste Orwell étaient des staliniens. La perception du cochon-personnage a changé. Du valeureux Porco Rosso,l'homme-cochon-aviateur créé par Miyazaki, à l'exquise Miss Piggy, diva du Muppet Show, Charles Dantzig scrute nos représentations liés au personnage du cochon, de l'Antiquité à aujourd'hui.

Charles Dantzig souligne :"Ce qui est en cause avec les cochons, ce n'est, ni eux, ni leur saleté, ni leur vie supposée, mais le langage même. Le langage humain a besoin de métaphore, de rejet. Comme toujours, Hélas, il le fait avec la faiblesse, les animaux, les handicapés. Voyez, comme on dit, "taper comme un sourd" ou il est "manchot". Traiter d' "oie" une femme bête, nous rassure sur l'humanité, nous avons bien tort."

 

"Les relations entre l'homme et le cochon - tenu pour l'animal le plus vil de la création et entouré de tabous mais en même temps digne d'être sacrifié aux dieux en Egypte et en Grèce - ont toujours été ambivalentes et passionnelles. Domestiqué vers le VIIe millénaire, le porc est pour l'homme une véritable source de richesse : sa chair est synonyme de ripailles, son sang et ses boyaux finissent en boudins et saucisses, sa graisse en chandelles, son cuir et ses tendons deviennent les cordes d'instruments de musique, ses soies, des brosses et des pinceaux. « Dans le cochon tout est bon » : rarement un adage aura été aussi justifié. C'est cette histoire sociale et culturelle du cochon que retrace Michel Pastoureau, des forêts gauloises à l'élevage industriel, en passant par ces temps forts de la vie des campagnes que sont la Tue-cochon et la fête de la Saint-Cochon. Et il nous rappelle que le cochon est l'animal biologiquement le plus proche de l'homme. Notre cousin, tour à tour symbole de goinfrerie et de saleté, de courage et de prospérité... Des sacrifices antiques au fidèle cochon de saint Antoine, des glandées en forêt aux héros des livres pour enfants, de l'abattage du cochon aux portées mirifiques de la truie, des cuisines romaines aux interdits de la Torah et du Coran, plus de 170 documents pour tout savoir du cochon au fil des siècles. - 4e de couverture - (date de publication : juin 2009)

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Commentaires

06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

...
13.07 | 17:23

plus de cejourdhui! horreur et damnation, poussée de fièvre; je n'avais pas vu ce dernier et me consolais dans Talents et en égrenant tes délicieuses arilles

...
29.01 | 10:27

pensées éphémères - non non non elles restent gravées dans les coeurs de + en + profondes avec le temps qui passe Rose-Marie

...
19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

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