EPHEMERIDE

Glisser comme un lézard

 

 

"Ma grand-mère était un jardin. Bien avant l'aube, elle glissait comme un lézard d'un arbre à l'autre, disparaissait entre les feuilles des artichauts, ramassait les fraises des quatre saisons dans son tablier, ou les poires gonflées de fraîcheur,redressait les pieds de tomate, se noyait dans l'odeur âcre des feuilles de chrysanthème, et dans la légère brume qui débordait de notre ruisseau. (...) Elle avait un faible pour les rosiers quels qu'ils fussent: les hauts, les souffreteux,et ce rosier de sa fenêtre qui fleurissait encore après Noël, et l'autre aussi, le violet qui se souvenait du temps d'avant les roses roses.(...)Le monde d'avant la clarté du jour, je le devinais aux présents que m'apportait ma grand-mère quand je me réveillais:le premier raisin noir, une tige de digitale ou de mauve, un oiseau tombé du nid et que je devrais réchauffer, une plume fugace.Un matin d'hiver, elle m'apporta, en riant, une aiguille de glace qu'elle avait cueillie au bord du puits."

Bernard Manciet

traduit de l'occitan par Guy Latry

Jardins perdus

(ed. L'escampette)

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Commentaires

19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

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05.01 | 17:10

Bonjour Any,

J'écoute avec plaisir Léo Ferré que j'ai tardé à aimer...seul Jacques Brel me plaisait .

Comment se présente 2019 pour vous ? Utopia un an déjà

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02.11 | 07:51

Georges Brassens et sa poésie... pourquoi pas comme thème d’un atelier d’écriture ?...
Merci Anny pour ce texte prouvant son éternité...

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15.10 | 08:05

Merci Marc pour cette pépite sauvée au temps.

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