EPHEMERIDE

Ecrire des soleils


"Le partage des savoirs est le premier pas vers la démocratie"
BC

 

Un nouveau livre de Boris Cyrulnik ? On peut  croire qu'on sait déjà tout sur la résilience.Pourtant: "La nuit j'écrirai des soleils" est un livre très fort qui aborde le sujet sous l'angle de la création en général et de l'écriture en particulier!

« Je sais maintenant, grâce aux récits intimes de mon for intérieur, et aux histoires des enfances fracassées, qu'il est toujours possible d'écrire des soleils. Combien, parmi les écrivains, d'enfants orphelins, d'enfants négligés, rejetés, qui, tous, ont combattu la perte avec des mots écrits ? Pour eux, le simple fait d'écrire changea le goût du monde. Le manque invite à la créativité. La perte invite à l'art, l'orphelinage invite au roman. Une vie sans actions, sans rencontres et sans chagrins ne serait qu'une existence sans plaisirs et sans rêves, un gouffre de glace. Crier son désespoir n'est pas une écriture, il faut chercher les mots qui donnent forme à la détresse pour mieux la voir, hors de soi. Il faut mettre en scène l'expression de son malheur. L'écriture comble le gouffre de la perte, mais il ne suffit pas d'écrire pour retrouver le bonheur. En écrivant, en raturant, en gribouillant des flèches dans tous les sens, l'écrivain raccommode son moi déchiré. Les mots écrits métamorphosent la souffrance. »

Boris Cyrulnik convoque les déchirures d'écrivains célèbres, les conjugue à l'aune de ses propres souffrances pour mieux convaincre chacun de nous des bienfaits de l'imaginaire, de la puissance du rêve, des pouvoirs de guérison que recèle l'écriture.(editeur)

J'ai vraiment aimé ce livre et beaucoup appris...

"Notre société serait-elle en train de se cliver, entre ceux qui découvrent le monde en lisant et ceux qui, en ne lisant pas, se rendent prisonniers  de l'immédiat? Lire ou ne pas lire témoigne de deux styles existentiels différents: la littérature ouvre sur l'exploration, le rêve les utopies heureuses et parfois dangereuses. Alors que les non-lecteurs se contentent du bien être immédiat dont la jouissance brève empêche de donner sens à la vie.

Quand le monde intime est déchiré par une perte ou rendu boiteux par un manque,l'appel de l'écriture se renforce.Il faut souligner qu'écrire sur le trauma, ce n'est pas écrire le trauma, pour une raison simple: la mémoire saine est évolutive, donc apte à alimenter des récits changeants, alors que la mémoire traumatisée est figée, donc condamnée à la répétition névrotique, à la rumination dépressive. La mémoire saine évolue en fonction de la maturation du cerveau et des expériences personnelles. La représentation du passé n'est pas la même pour le nourrisson, l'écolier,l'adolescent, l'adulte, la personne âgée, qui prétendent tous ne pas avoir changé d'histoire."p 207

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Commentaires

19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

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05.01 | 17:10

Bonjour Any,

J'écoute avec plaisir Léo Ferré que j'ai tardé à aimer...seul Jacques Brel me plaisait .

Comment se présente 2019 pour vous ? Utopia un an déjà

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02.11 | 07:51

Georges Brassens et sa poésie... pourquoi pas comme thème d’un atelier d’écriture ?...
Merci Anny pour ce texte prouvant son éternité...

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15.10 | 08:05

Merci Marc pour cette pépite sauvée au temps.

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