EPHEMERIDE

PRINTEMPS PROUSTIEN

Si, comme moi et quelques autres, vous avez ce goût des mots de Proust parce qu'il ranime les émotions lovées sur le coussin réversible de la mémoire dans le faisceau du temps, je vous invite à prendre un peu de temps justement pour écouter cette émission de Radio Classique de ce matin qui célèbre

LE PRINTEMPS DE PROUST à Combray, par Frank Ferrand.

(Frank Ferrand raconte à 9H et 14H sur radio Classique.)

Le Podcast de cette émission sera disponible  à partir de 14h30.

Radio Classique passe toute la journée avec Proust...

Il y a 100 ans Proust obtenait le prix Goncourt.On le fête en ce mois de Mai à Illiers Combray, allez voir ce lien...

https://printempsproustien.fr

Dans cette époque, la nôtre, qui zappe à tout va, ne rencontrant plus le précieux des choses, se promener du côté de chez Swann et du côté de Méséglise est une fête printanière

époustouflante, essentielle.

Quand Proust plonge dans le printemps...(ici à Balbec)

 "Maisdès que je fus arrivé à la routece fut un éblouissement  je n’avais vuavec ma grand’mèreau mois

d’aoûtque les feuilles et comme l’emplacement des pommiersà perte de vue

ils étaient en pleine floraisond’un luxe inouïles pieds dans la boue et en

toilette de balne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus

merveilleux satin rose qu’on eût jamais vu et que faisait briller le soleil ; l’horizon

lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d’estampe

japonaise ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleursqui faisaient

paraître son bleu rassérénépresque violentelles semblaient s’écarter pour

montrer la profondeur de ce paradisSous cet azurune brise légère mais

froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissantsDes mésanges

bleues venaient se poser sur les branches et sautaient entre les fleursindulgentescomme si c’eût été un amateur d’exotisme et de couleurs qui avait

artificiellement créé cette beauté vivanteMais elle touchait jusqu’aux larmes

parce quesi loin qu’on allât dans ses effets d’art raffinéon sentait qu’elle était

naturelleque ces pommiers étaient  en pleine campagne comme des

paysanssur une grande route de FrancePuis aux rayons du soleil

succédèrent subitement ceux de la pluie ; ils zébrèrent tout l’horizonenserrèrent la file des pommiers dans leur réseau gris

Mais ceux-  ci

continuaient à dresser leur beautéfleurie et rosedans le vent devenu glacial

sous l’averse qui tombait : c’était une journée de printemps."

Marcel Proust

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