EPHEMERIDE

Dans les marges blanches

«  Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé. Leur principale qualité est non pas d’évoquer, mais d’inspirer. Tant de poèmes d’amour sans objet réuniront, un beau jour, des amants. On rêve sur un poème comme on rêve sur un être.”

 Paul Éluard, Donner à voir, Poésie/Gallimard, 1978 (1938)

 

 

 

LA PAROLE

 

 J'ai la beauté facile et c'est heureux.

 Je glisse sur le toit des vents

 Je glisse sur le toit des mers

 Je suis devenue sentimentale

 Je ne connais plus le conducteur

 Je ne bouge plus soie sur les glaces

 Je suis malade fleurs et cailloux

 J'aime le plus chinois aux nues

 J'aime la plus nue aux écarts d'oiseau

 Je suis vieille mais ici je suis belle

 Et l'ombre qui descend des fenêtres profondes

  Epargne chaque soir le cœur noir de mes yeux.


Paul Éluard, dans Répétitions (1922), repris dans Capitale de la douleur (1926)


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Commentaires

19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

...
05.01 | 17:10

Bonjour Any,

J'écoute avec plaisir Léo Ferré que j'ai tardé à aimer...seul Jacques Brel me plaisait .

Comment se présente 2019 pour vous ? Utopia un an déjà

...
02.11 | 07:51

Georges Brassens et sa poésie... pourquoi pas comme thème d’un atelier d’écriture ?...
Merci Anny pour ce texte prouvant son éternité...

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15.10 | 08:05

Merci Marc pour cette pépite sauvée au temps.

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