EPHEMERIDE

B&B


"Je crois que pour vivre – parce qu’on peut passer cette vie sans vivre, et c’est un état sans doute pire que la mort – […] il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins une fois. Et après, quand cette chose-là a été donnée, vous pouvez être seul. La solitude n’est plus jamais mauvaise. Même si on ne vous porte plus, même si on ne vous aime plus, même si on ne vous regarde plus, ce qui a été donné, vraiment donné, une fois, l’a été pour toujours. A ce moment-là, vous pouvez aller vers la solitude comme une hirondelle peut aller vers le plein ciel.[…]" Christian Bobin

                https://youtu.be/tUSHBYe2AsE

Prof de philo, puis infirmier psychiatrique, Christian Bobin se fait remarquer en 1985 avec la parution de Souveraineté du vide (Gallimard). Mais c’est avec Le Très-Bas (Gallimard, 1992), un essai sur la vie de François d’Assise, que le “phénomène Bobin” éclate. 

De Christian Bobin, on sait surtout qu’il fuit les mondanités et préfère explorer le silence. Il y consacre sa vie et son œuvre. Ses thèmes de prédilection : le vide, la nature, l’enfance, les « petites choses » comme il le dit lui-même. La solitude, il la connaît mieux que personne. Il la quête. Davantage encore depuis la perte brutale de son amie, en plein été 1995. Un deuil qu’il raconte dans La Plus que vive (Gallimard, 1996). Récemment interviewé par Marie de Solemne dans La Grâce de la solitude (dialogues entre Marie de Solemne et Christian Bobin, Jean-Michel Besnier, Jean-Yves Leloup, Théodore Monod, Dervy, coll. « A vive voix », 1998) , le poète s’interroge sur l’origine et les conséquences de ce sentiment qui, avec l’état amoureux, est sans doute le plus partagé au monde


« Croître en clarté, voilà le but», écrivait-il, à ses débuts, quand ses poèmes volaient aux quatre vents vers ses éditeurs décentralisés. Depuis, ses lecteurs, autant d'hommes que de femmes, suivent ce discret moraliste pris par le charme envoûtant d'une «littérature méditative». «Plus on avance dans le temps plus son oeuvre est lumineuse», dit l'un d'entre eux, qui observe la victoire progressive de l'écrivain sur sa mélancolie, la fin des deuils, et ses empêchements sublimés, parlant d'«un ciel délivré des ombres,"