EPHEMERIDE

LE RIMBAUD DE LA PEINTURE
Egon Schiele, le peintre qui disait peindre la lumière issue de tous les corps, était aussi poète...voici...


Je voulais regarder les Hommes en colère avec amour

Pour obliger leurs yeux à me rendre la pareille
Et les envieux, je voulais les combler de cadeaux et dire

Que je ne valais rien.
J’entendais de doux vents-tourbillons
Fendre les lignes d’air
Et la jeune fille

Qui lisait d’une voix plaintive,
Et les enfants


Qui me regardaient avec de grands yeux
Et répondaient par des caresses au regard que je leur rendais
Et les nuages au loin
Ils posaient leurs bons yeux plissés sur moi.

Les jeunes filles blafardes et blanches me montraient
Leurs jambes noires et leurs jarretelles rouges
Et parlaient avec des doigts noirs.

Mais moi, je pensais aux mondes lointains:
digitales.

Si j’étais là moi-même,
Je l’avais à peine su.

***

Egon Schiele (1890-1918) – Recueil « Moi, l’éternel enfant »
EGON SCHIELE

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Commentaires

06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

...
13.07 | 17:23

plus de cejourdhui! horreur et damnation, poussée de fièvre; je n'avais pas vu ce dernier et me consolais dans Talents et en égrenant tes délicieuses arilles

...
29.01 | 10:27

pensées éphémères - non non non elles restent gravées dans les coeurs de + en + profondes avec le temps qui passe Rose-Marie

...
19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

...
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