EPHEMERIDE

SAPIENTIA

« Si je veux vivre, je dois oublier que mon corps est histori­que, je dois me jeter dans l’illusion que je suis contemporain des jeunes corps présents, et non de mon propre corps passé. Bref, périodiquement je dois renaître, me faire plus jeune que je ne suis.
[…] J’entreprends de me laisser porter par la force de toute vie vivante : l’oubli. Il est un âge où l’on ensei­gne ce que l’on sait; mais il en vient aussi un autre où l’on enseigne ce que l’on ne sait pas : cela s’appelle chercher.
Vient peut-être maintenant l’âge d’une autre expérience : celle de désapprendre, de laisser travailler le remaniement imprévisible que l’oubli impose à la sédimentation des savoirs, des cultures, des croyances que l’on a traversés.
Cette expérience a, je crois, un nom illustre et démodé, que j’oserai prendre ici sans complexe, au carrefour même de son étymologie :

Sapientia.
Nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible. »

ROLAND BARTHES

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Commentaires

06.08 | 15:40

Bonjour Anne Marie,

Quel plaisir d'écouter Pascal Quignard, que je n'ai jamais réussi à lire, je vais essayer à nouveau avec "l'Homme au trois lettres".

marc

...
13.07 | 17:23

plus de cejourdhui! horreur et damnation, poussée de fièvre; je n'avais pas vu ce dernier et me consolais dans Talents et en égrenant tes délicieuses arilles

...
29.01 | 10:27

pensées éphémères - non non non elles restent gravées dans les coeurs de + en + profondes avec le temps qui passe Rose-Marie

...
19.05 | 17:23

Suite - … Je le trouve nettement plus fort par rapport à sa forme interrogative. Merci . marc

C'est tout..........,

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